ÉVOLUTION DE L'EMPLOI DANS LE SECTEUR MANUFACTURIER
Le secteur manufacturier regroupe toutes les activités visant à la fabrication de biens durables (comme les produits informatiques ou le matériel de transport) ou non durables (comme les aliments ou les vêtements). Il fournissait quelques 616 000 emplois en 2006, soit 17% de l’emploi total. C’est un secteur qui a beaucoup évolué au cours des 30 dernières années, d’abord dans son importance par rapport aux autres secteurs (services, agriculture, exploitation minière, etc.) et ensuite, dans l’importance relative des différents sous-secteurs qui le constituent.

 

L'INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE DEMEURE UN EMPLOYEUR IMPORTANT
Comme dans tous les pays développés, le secteur des services (Santé, éducation, commerce, finance…) a pris de plus en plus d’importance en matière d’emploi, notamment au détriment du secteur manufacturier. Ainsi, en 1976, la part de l’emploi manufacturier s’élevait à 23 % de l’emploi total. La baisse remarquée en pourcentage de l’emploi du secteur manufacturier, vis-à-vis de l’ensemble du marché du travail, n’est pas due à une baisse du nombre d’employés dans ce secteur, mais plutôt à la forte croissance de l’emploi dans le secteur des services. Ce n’est qu’en 2006 que le nombre d’emplois du secteur manufacturier est légèrement descendu sous le niveau qu’il était en 1976. Néanmoins, la situation semble s’améliorer puisque Emploi-Québec prévoit une légère croissance annuelle de 0,4% par an, qui devrait faire passer le nombre d’employés du secteur manufacturier à 627 000 en 2010.

 

POIDS DES DIFFÉRENTS SOUS-SECTEURS DU SECTEUR MANUFACTURIER


Si la fabrication de biens non durables fournissait jusqu’en 1996 la majorité des emplois manufacturiers, c’est désormais la fabrication de biens durables qui compte pour 54% de la population active du secteur. La baisse régulière de l’emploi dans les industries de biens non durables, depuis 1987, est imputable aux reculs observés dans le vêtement (et produit en cuir), le textile (sauf le textile technique) et, dans une moindre mesure dans le papier. D’autre part, il y a eu des gains d’emplois appréciables dans le secteur des aliments et boissons.

D’ici 2010, selon les prévisions d’Emploi-Québec, la croissance de l’emploi du secteur manufacturier s’effectuera principalement dans les sous-secteurs suivant : la fabrication de machines, la fabrication de matériel de transport, la fabrication de produits informatiques, électroniques et électriques, la fabrication d’aliments et de boissons ainsi que la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique.

 


L'INDUSTRIE DE LA FABRICATION DES ALIMENTS, BOISSONS ET PRODUITS DU TABAC

La fabrication d’aliments, de boissons et de produits du tabac, est de loin la plus importante industrie manufacturière au Québec, avec 75 000 emplois (12 % de l’emploi manufacturier). C’est la fabrication d’aliments qui compte le gros de l’emploi du secteur (89%) et qui a généré l’essentiel de sa croissance depuis 1987 (surtout dans la transformation de la viande et la boulangerie).

A côté des rationalisations chez Olymel, de la fermeture des usines Kraft de LaSalle et de Sainte-Thérèse et de la délocalisation des activités d’Imperial Tobacco (du Maurier, Player’s) au Mexique, des investissements importants ont été annoncés par les Biscuits Leclerc à Québec et par Labatt à LaSalle, sans compter de nombreux autres projets de moindre ampleur. Emploi-Québec prévoit donc une croissance de l’emploi de 1,8 % par année d’ici 2010 (par rapport à 1,2 % pour l’ensemble de la main d’œuvre québécoise), ce qui devrait porter l’emploi du secteur à 82 000 personnes.

 

LA FABRICATION DE MATÉRIEL DE TRANSPORT
Près de 60 % des 52 000 emplois du secteur se concentrent dans la fabrication de produits aérospatiaux et un peu plus de 25 % dans la fabrication de véhicules et de pièces automobiles. 62 000 personnes étaient employées dans le secteur en 2002, ce qui en faisait le deuxième plus important de l’industrie manufacturière québécoise. Mais, la fermeture de GM à Boisbriand, la récession qui a frappé les États-Unis au début de la décennie et les actes terroristes de septembre 2001 (touchant durement l’industrie du transport aérien) ont fait chuté la production de l’industrie de 20 % après 2002, entraînant une baisse de l’emploi dans les mêmes proportions.

Malgré cela, les perspectives d’emploi du secteur sont bonnes. La production, qui s’est accrue de 8 % en 2005, devrait continuer de progresser de 5 % par année en moyenne d’ici 2010, pendant que l’emploi se gonflerait de 2,1 % par année, soit à un rythme de plus de 50 % supérieur à la moyenne, pour atteindre un total de 57 000 employés. En effet, malgré l’abandon de son projet de série C et le transfert au Mexique de ses opérations d’assemblage des câblages électriques de ses avions, Bombardier connaît du succès avec ses avions d’affaires sur un marché aujourd’hui en croissance. Par ailleurs, l’Organisation de l’aviation civile internationale prévoyant le doublement du trafic mondial de passagers sur les 15 prochaines années, plusieurs fournisseurs de composants d’aéronefs prévoient d’investir (Héroux-Devtek, Pratt & Whitney, Flight Dynamics Corporation…), créant ainsi des centaines d’emplois. Dans l’industrie du matériel ferroviaire roulant, Bombardier Transport a obtenu le contrat de remplacement des plus anciennes rames de métro de Montréal, ainsi qu’un contrat pour le métro de Chicago. Dans l’industrie de la fabrication de véhicules et de pièces automobiles, l’obtention de nouveaux contrats par plusieurs entreprises (Spectra Premium, Oerlikon, Dayco, les Industries Symphony) va entraîner de nouvelles embauches. Même le chantier de MIL Davie de Lévis (géré par un syndic de faillite), qui doit être racheté par l’entreprise norvégienne Teco Management, risque de récupérer une commande de cinq plateformes de forage, estimée à 750 millions de dollars, à livrer d’ici 2008, ce qui ferait passer l’emploi de 150 à plus de 2 000 personnes.

 

LA FABRICATION DE PRODUITS MÉTALLIQUES
C’est une industrie très sensible à la santé de l’économie nord-américaine et donc, dont le nombre d’employés peut beaucoup varier d’une année à l’autre. Avec 46 000 employés, c’est aujourd’hui le quatrième employeur du secteur manufacturier (cinquième en 1987). C’est dans la fabrication de produits d’architecture et d’éléments de charpente métallique et du côté des ateliers d’usinage que la croissance s’est concentrée. Emploi-Québec prévoit une croissance moyenne de l’emploi de 1,7 % par année (donc supérieure à la moyenne du marché du travail, dont la croissance annuelle est estimée à 1,2 %) d’ici 2010, grâce notamment à l’engagement d’Alcan de créer des centaines d’emplois dans la deuxième transformation de l’aluminium (en échange d’un bloc d’énergie pour l’aluminerie Alouette) et à d’autres projet, comme la pénétration du marché québécois des éoliennes par l’entreprise Marmen de Trois-Rivières.

 

L’INDUSTRIE DE LA FABRICATION DE PRODUIT INFORMATIQUES, ÉLECTRONIQUES ET ÉLECTRIQUES
Le secteur occupe aujourd’hui le septième rang des employeurs manufacturiers. S’il est à prévoir que le remplacement d’un parc informatique désuet créera une forte demande en Amérique du Nord pour les produits informatiques, la production en grandes séries de produits informatiques et électroniques tend à se déplacer vers les pays asiatiques où les salaires sont bas. Ainsi, Viasystems a fermé en 2005 ses deux usines de cartes de circuits imprimés dans l’ouest de Montréal. Néanmoins, certains produits plus spécialisés subissent moins la concurrence asiatique, notamment dans les domaines médical militaire, aéronautique (CAE et ses simulateurs de vol) ou de sécurité. Par ailleurs, les projets d’Hydro-Québec et ceux de parcs d’éoliennes vont aider le développement du secteur de la fabrication du matériel de production et de distribution de l’électricité. Pour le secteur, 4 000 nouveaux emplois devant être créés d’ici 2010, pour une croissance annuelle de 1,9 % de l’emploi, l’une des plus élevées parmi les industries manufacturières.

 

LES MÉTIERS OFFRANTS DE BONNE PERSPECTIVES D'EMPLOI
Selon Emploi-Québec, plusieurs métiers dans le secteur manufacturier ont de favorables perspectives d’embauche d’ici 2010. Nous en dressons ci-après une liste non exhaustive.